diamond

Rédigé par Gaelle Seret et Raphael Thierry

Illustration principale, crédit : bar-a-voyages.com

Journal de Gemmologie.
Crédit : Gem-A

La gemmologie est une science en évolution avec l’amélioration des connaissances scientifiques et des technologies. À la rencontre entre la minéralogie, la chimie et la géologie, la gemmologie rassemble les contributions à la compréhension des gemmes précieuses, pierres ornementales et organiques. Pour les plus curieux, qui souhaiteraient rechercher dans la littérature scientifique, plusieurs journaux rassemblent des articles scientifiques sur la question : Journal of Gemmology, Gems & Gemology, Gemmologie. L’investissement scientifique et technologique des laboratoires est une variable fondamentale dans l’étude approfondie des gemmes. Mais ce n’est pas la seule variable qui conditionne la qualité du travail de certification, la standardisation des approches méthodologiques des laboratoires améliore leur rayonnement international. A quel laboratoire s’adresser ? Comment lire un certificat ? Doit-on être spécialiste pour acheter une pierre ? Dans cet article, nous rassemblons des questions que nous posent régulièrement les consommateurs.

Sommaire:

  • I. Les outils scientifiques au service de l’identification
  • II. Les diamants: un marché hautement standardisé
  • III. La valorisation des pierres de couleur
  • IV. Doit-on être spécialiste pour acheter une pierre ou un diamant ?
  • V. De quoi est composé un certificat ?
  • VI. Un certificat n’est pas une estimation !
  • VII. Quel est le coût d’un certificat ?
  • VIII. Pourquoi certifier une pierre ?

I. Les outils scientifiques au service de l’identification

D-tech est l’outil innovateur de détection de pierres synthétiques. Crédit : HRD Antwerp

Les outils et procédés techniques d’identification d’une pierre progressent avec le temps. Les premières évaluations à l’oeil nu et à la loupe, ont laissé place à l’analyse au microscope binoculaire, polariscope et au réfractomètre enseignée aux étudiants en gemmologie. Ces dernières sont maintenant accompagnées d’analyses avec du matériel de pointe, comme la microradiographie tomographie pour déterminer l’origine des perles. Le niveau d’expertise dans une gemme spécifique ainsi que le niveau d’équipement d’un laboratoire influence la réputation de ces certifications.

Les laboratoires les plus modernes ont aujourd’hui les moyens techniques d’identifier un diamant naturel d’un diamant de synthèse. Par exemple, HRD a développé l’outil D-Tech, capable de trier les diamants naturels et synthétiques indépendamment de leurs caractéristiques grâce à une technologie de traitement par luminescence UV et un laser spectroscopique.

Il faut également savoir que certains laboratoires sont spécialisés dans une gemme et l’identification de ces types de traitement. L’hétérogénéité des gemmes de couleur et des perles demande une hyper-spécialisation de certains laboratoires dans une espèce : corindons, béryls, chrysobéryls, matières organiques (etc.).

II. Les diamants: un marché hautement standardisé

Les 4Cs d’un diamant. Crédit : Tiny Jewel Box

Si l’approche scientifique est évidente pour l’analyse des gemmes, par exemple, pour la détection des traitements, l’approche méthodologique permet d’améliorer par la suite l’évaluation du prix des gemmes. La standardisation au niveau international permet d’améliorer la liquidité du marché, le diamant en est un superbe exemple.

Le diamant est inscrit dans un marché d’ores et déjà hautement standardisé, ce qui facilite son processus de certification et d’estimation. En effet, dès 1939 DeBeers créé 4 critères qui s’imposent comme standard de classification du marché des diamants. Les 4C : le carat, couleur, taille et clarté sont les principaux critères d’évaluation pour l’achat d’un diamant sans observation à la loupe.

Le carat exprime le poids du diamant, il correspond à 0,20 grammes. C’est une unité de mesure utilisée dans l’antiquité dans le commerce des pierres précieuses, elle correspond au poids d’une graine de caroube (arbre très répandu dans la région méditerranéenne, dans des pays tels que la Grèce, le Maroc, le Liban, la Tunisie et l’Algérie). L’influence du carat sur le prix des pierres est considérable mais n’est pas linéaire.

La couleur du diamant varie sur une échelle de D à Z; D étant la couleur la plus blanche jamais attribuée, et Z la couleur la plus jaune. L’échelle prévoit une marge de 3 couleurs plus blanches que D en cas de découvertes futures. La plupart des diamants commercialisés en joaillerie fine sont essentiellement de couleur G/H. Généralement, plus la couleur du diamant appartient aux tons jaunâtres, plus il est dévalué. Par contre, si la couleur est franche, par exemple d’un jaune pur (fancy color), celui-ci sera revalorisé.

Un diamant sur deux est commercialisé en taille (cut) brillant. En effet, cette taille est la plus utilisée puisque cette taille à 54 facettes met le plus en avant son éclat. D’autres tailles plus originales suivent les tendances comme la taille poire ou la taille princesse.

La pureté (clarity) du diamant est également un critère extrêmement valorisé en joaillerie et souvent difficile à évaluer par les consommateurs. Sur l’échelle de pureté, plus le diamant contient des inclusions visibles, plus il est dévalorisé. Aussi, la position de l’inclusion intervient dans le critère d’évaluation, sachant que plus le défaut est centré, plus il a d’impact.

III. La valorisation des pierres de couleur

À la différence du diamant, le système de standardisation du diamant n’est pas universellement appliqué aux pierres de couleurs. Notamment parce que les critères sont beaucoup plus nombreux (pierres polychromatiques, avec inclusions particulières ou astérisme). L’évaluation peut également inclure des éléments un peu plus subjectifs tels que le lustre d’une perle qui pourront être différents en fonction du laboratoire.

Crédit : Laboratoire Français de Gemmologie

Afin d’éliminer toutes sortes de subjectivité, les laboratoires développent des technologies particulières qui permettent de garantir l’objectivité de l’évaluation. Le Laboratoire Français de Gemmologie utilise un système de chambre à lumière blanche, permettant de mieux percevoir et analyser objectivement la couleur la couleur de la gemme.

La standardisation et la pédagogie du laboratoire permettent d’améliorer la transparence du travail de certification. Si nous reprenons l’exemple du Laboratoire Français de Gemmologie, il met régulièrement en avant ses acquisitions en gemmes étalons et ses améliorations méthodologiques. Afin d’améliorer le travail d’observation, il a par récemment fait l’acquisition de planches étalons d’opale contenant 216 spécimens. Afin de correspondre aux descriptions anglo-saxones, la classification des couleurs des gemmes a été modifiée en juillet.

Crédit : Laboratoire Français de Gemmologie

Concernant l’achat et la vente de pierres non-certifiées, les services de vente en ligne ne présenteront pas toujours toutes les caractéristiques que nous avons décrites. C’est pourquoi les professionnels préfèrent souvent assister à des foires, où ils pourront eux-mêmes évaluer les pierres avant d’acheter.

IV. Doit-on être spécialiste pour acheter une pierre ou un diamant ?

Lors d’un achat sur internet, parler le langage de la gemmologie vous aidera à comprendre la qualité des pièces que vous souhaitez acheter. Sans certificat, assurez vous de bien comprendre l’ensemble des informations décrites par le vendeur. Votre premier achat sur internet d’une pièce peu coûteuse vous permettra de gagner en confiance sur le vendeur. Il est tout à fait possible de trouver de très belles pièces sans certificat.

Crédit : HRD Antwerp

Pour l’achat des pierres de grandes valeurs, il est conseillé de privilégier une pierre possédant un certificat d’authenticité par un laboratoire reconnu. Lorsqu’une pierre possède un certificat, l’authenticité, les traitements, la provenance vous seront garantis, la pierre disposera également d’une photo détaillée. Attention, il existe parfois des vendeurs proposant des pseudos-certificats ou des certificats falsifiés. Il est préférable de demander le certificat d’un centre internationalement reconnu. Les systèmes de numéro de série gravés sur les pierres et la qualité du certificat vous permettront de vérifier la véracité du certificat et que la pierre reçue correspond à votre commande. Pour citer certains d’entre eux : GIA ou HRD pour le diamant et Gemmentia Paris ou Carat Gem Lab pour les pierres précieuses.

V. De quoi est composé un certificat ?

Tous les certificats contiennent les mêmes critères d’évaluation. Les diamants se scindent en plusieurs grilles d’évaluation dont les 4C plus quelques informations complémentaires telles que la fluorescence et le polissage. Pour les autres gemmes, il s’agit d’autres critères comme la taille, la couleur, le caratage, la pureté, les traitements et l’origine de la pierre. Les traitements doivent être indiqués par la loi mais certains sont plus commun que d’autres. La technique de la chauffe d’une pierre de couleur est extrêmement courante et pratiquée depuis longtemps. Cette méthode consiste à chauffer la pierre afin de foncer sa couleur. Une pierre de qualité non-chauffée est extrêmement valorisée voire très rare.

Il est important de se renseigner sur la spécialité et le matériel scientifique du laboratoire avant de confier une pierre à certifier. Il faudra vérifier qu’il dispose de matériel et de données qui contribuent à affiner l’expertise technique pour certains cas : diamants synthétiques par exemple.

VII. Quel est le coût d’un certificat ?

Crédit : picclick.fr

La certification représente un coût non négligeable et parfois important en fonction de la complexité de l’expertise. Les professionnels réalisent généralement des certifications par lots afin de limiter le coût par pierre.

En effet, pour les particuliers la note peut vite atteindre 5 à 10% de la valeur de la gemme et devenir onéreux à expertiser. Il devient alors intéressant de comparer les différentes offres pour déterminer la plus accessible.

VIII. Pourquoi certifier une pierre ?

La certification d’un gemme a plusieurs avantages. Tout d’abord, elle permet d’avoir une idée de la qualité quelle présente avec certitude lors d’un héritage par exemple. Cette certification est souvent exigée lors d’un héritage, lorsque la pièce peut représenter un montant important. Ce document est également demandé par les assurances, afin de couvrir le client proportionnellement à la valeur de son bien en cas de vol. À noter que la compagnie d’assurance réalise sa propre estimation en fonction du certificat. C’est pourquoi, il est intéressant de consulter plusieurs avis professionnels pour confirmer l’estimation proposée.

Le certificat étant onéreux, il peut-être intéressant de consulter des gemmologues indépendants pour obtenir des informations techniques sans certificat. Vous pouvez ainsi avoir plus d’informations sur un bijoux ancien par exemple.

Certains professionnels ne demandent pas systématiquement ce document durant leurs achats, ce qui leur permet parfois d’économiser les coûts de certification.

Exjewel vous fournit une évaluation du prix du bijoux ou d’une pierre démontée à partir du certificat ou à partir des informations que vous détenez. Dans ce dernier cas, notre évaluation tiendra compte de l’absence de certificat. Le différentiel de prix peut être important entre les deux cas. Si cela est plus avantageux pour vous, nous vous conseillerons parfois de faire certifier votre inventaire.

Rédigé par Gaelle Seret et Raphael Thierry